LE ROLE FONDAMENTAL DE L'ALIMENTATION DANS L'ACCOMPAGNEMENT DES TROUBLES CHRONIQUES

March 11, 2019

 

Avant de contracter la maladie de Lyme, mon régime alimentaire n'avait rien d'exemplaire : consommation excessive d'aliments industriels, sucre raffiné, et céréales, et manque évident d'apport en légumes et fruits frais. La première chose qui me vint à l'esprit à l'annonce du diagnostique fut de réviser mon alimentation. Même si je ne m'y étais jamais appliqué, je savais que la vraie nourriture était une médecine puissante. Je cherchais un régime alimentaire qui me fournirait toutes les quantités de nutriments nécessaire à la réparation de ma biochimie - un régime qui guérirait mon intestin afin que je puisse reconstruire mon système immunitaire.

 

Au fil de mes recherches, j'ai découvert les travaux de Terry Wahls et de Jean Seignalet, ce qui m'a conduit à une version contemporaine et personnalisé du régime paléolithique.

 

LE PROTOCOLE WAHLS

 

Terry Wahls est une médecin américaine diagnostiquée d'une sclérose en plaque progressive. Elle a d’abord tenté de se soigner à l'aide de la médecine allopathique jusqu’à se rendre à l’évidence : en 3 ans, son état n'a cessé de se dégrader. Devant l’échec des thérapies conventionnelles, elle se renseigne sur les dernières recherches en matière de maladie auto-immune chronique et sur les avancées en neurologie et biologie du cerveau. Elle en vient à la conclusion suivante : toutes les maladies auto-immunes ne sont qu’une seule et même forme.

 

Tout proviendrait des mitochondries, ces organismes qui résident à l’intérieur de chacune de nos cellules. Elles ont la fonction vitale de récupérer et stocker l’énergie vitale (l’ATP) qui permet à la cellule de s’oxyder, de respirer, bref de vivre. La maladie survient lorsque les mitochondries ne sont pas suffisamment bien alimentées : ne produisant plus d’énergie, la cellule meurt. Et ce, dans n’importe quelle partie de notre corps. Si l’on suit cette logique, ce ne sont pas les symptômes (qui différent selon chaque individu, chacun ayant sa maladie propre) qui doivent être traités, mais bien la cause profonde et commune à tout dysfonctionnement cellulaire : la mort des cellules. Pour aller mieux, l’idée est d’apporter à nos fournisseuses d’énergie, les mitochondries, les vitamines, minéraux et acides gras dont elles manquent, en grande partie grâce à une alimentation riche en nutriments. Dans cette optique, le protocole Wahls est testable pour toutes les maladies auto-immunes et chroniques, qui ne sont qu’une seule et même expression de la dégénérescence cellulaire.

 

LE REGIME SEIGNALET

 

Le Dr Jean Seignalet est l’auteur du livre "L'Alimentation ou la troisième médecine", dont la cinquième édition paraissait en 2004. Biologiste et médecin, spécialiste de l’immunité, le Dr Seignalet a dirigé en France, pendant 30 ans, un laboratoire d'histocompatibilité, c'est-à-dire d'analyse de la compatibilité d'organes et de tissus pour les personnes devant subir une greffe. Plus tard dans sa carrière, il s’est mis à observer l'impact de l'alimentation et de certains aliments l'évolution de nombreuses maladies. Au fil des ans, il a lui-même mis au point un régime qui, affirmait-t-il, peut être profitable aux personnes souffrant de certaines maladies (il en a identifié 91).

 

Pour qualifier l'alimentation qu'il préconise, le Dr Seignalet utilise trois termes : hypotoxique (c'est-à-dire peu ou pas toxique), ancestrale ou originelle. Son régime serait, d’après lui, bénéfique contre trois catégories de maladies :

  • les maladies auto-immunes : polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante, rhumatisme psoriasique, lupus érythémateux disséminé, sclérodermie, sclérose en plaques, maladie coeliaque, etc;

  • les maladies liées à un « encrassage cellulaire » : cancer, acné, fibromyalgie, arthrose, migraine, psychose maniacodépressive, dépression nerveuse, diabète de type 2, spasmophilie, etc.

  • les maladies d’élimination : psoriasis, urticaire, bronchite chronique, asthme, colite, etc.

 

Le Dr Seignalet croit que le mauvais état de l'intestin grêle joue un rôle dans de nombreuses maladies. Selon ce qu’il avance, la muqueuse intestinale, lorsqu’elle devient trop perméable, laisse passer dans la circulation sanguine des macromolécules issues des aliments ingérés. D’après lui, la perméabilité de la muqueuse intestinale s’expliquerait par des facteurs génétiques (carences enzymatiques, allergies) et environnementaux (gluten, protéines du lait et composés issus de la cuisson à haute température) ou à la prise fréquente de substances chimiques comme les antibiotiques. Les macromolécules qui se retrouvent dans le flux sanguin perturbent l’organisme, selon Jean Seignalet. Alerté, le système immunitaire envoie une réponse inflammatoire, ce qui peut être la cause des maladies auto-immunes. L’organisme peut neutraliser ces particules alimentaires jusqu’à une certaine limite. Une surcharge peut en effet mener à ce que Seignalet appelle " l’encrassage cellulaire » et aux maladies qui y sont liées (cancer, fibromyalgie, dépression, diabète de type 2). Cela peut aussi entraîner un trop-plein dans les organes qui évacuent les déchets de l’organisme (foie, reins, peau, poumons, etc.). D’où l’apparition, d’après ce médecin français, de « maladies d’élimination ».

 

CONCLUSION

 

En préservant l'intégrité gastro intestinale et donc l'immunité, et en soutenant le fonctionnement cellulaire et les réponses cataboliques, l'alimentation intervient directement dans le processus de guérison. On sait par ailleurs que les nutriments sont nécessaires pour produire hormones et neurotransmetteurs. Les vitamines et minéraux participent à la conversion des nutriments et au développement musculaire. Les acides gras forment les structures de nos cellules tandis que les flavonoïdes et les sténoses carotidiennes participent à la fonction cellulaire.

 

Idéalement, et dans la majorité des cas, le régime alimentaire de base devrait être composé de protéines animales nourries à l'herbe (pour l’apport en acides aminés), de bonnes graisses (pour l’apport en lipides), de féculents, fruits et légumes frais, locaux, de saisons et biologiques (pour leur apport en fibres et en bons glucides). Les produits céréaliers sans gluten, les légumineuses et les produits laitiers de très haute qualité peuvent, dans la majorité des cas, compléter l’assiette.  

 

 

Chacune de ces sources énergétiques se décomposent différemment.

  • Les glucides se décomposent en sucre (comme le glucose) ce qui donne à nos mitochondries de l'énergie. 

  • Les protéines se décomposent en acides aminés qui sont utilisés pour les procédés anaboliques tels que la synthétise de l'hémoglobine, des hormones, des enzymes et des protéines plasma.

  •  Les graisses se décomposent en acides gras glycérol et participent à la production d'hormones et de vitamines liposolubles. ​

 

Le Dr Jean Seignalet juge que son programme alimentaire peut restaurer la muqueuse intestinale, désencrasser les cellules et ainsi empêcher l’apparition d’un bon nombre de maladies tandis que le Dr Terry Whals estime que son régime peut aller nourrir et réparer en profondeur nos mitochondries ce qui permettrait de sortir d'un bon nombre de pathologies chroniques et dégénératives. Si les explications diffèrent légèrement, les deux régimes alimentaires restent très similaires : Il n'en fallait pas plus pour que je me plonge tête baissée dans ce changement alimentaire, tout en l'ajustant en fonction de ma pathologie propre et de mon terrain.

 

 

QUID DE LYME?

 

Comme vu plus haut, la réforme alimentaire fait partie intégrante du protocole de soins. D'une part, en ce qu'elle participe à la réparation du microbiote et donc du système immunitaire. D'autre part parce que l'intégration d'aliments qui alcalinisent le corps, favorisent la détoxification de l'organisme, et présentent des propriétés anti-infectieuses participe directement au traitement anti-infectieux.

 

Certains thérapeutes recommandent de diminuer l'apport en fer, magnésium, manganèse, acides gras, vitamines B, vitamines A et D, CoQ10, sélénium, zinc et collagène, en ce qu'ils nourrissent les pathogènes. Cette stratégie ne doit pas être envisagée. Affamer les bactéries en les privant des nutriments essentiels à votre métabolisme est un contre-sens car les pathogènes se nourrissent en réalité de n'importe quoi et les carences nutritionnelles peuvent provoquer de graves symptômes. Essayer de venir à bout de l'infection d'une telle manière est complètement illusoire et contre-productif. Rien de tel qu'un corps fort pour combattre l'infection.

 

Même raisonnement pour la graisse qui peut générer du biofilm, les glucides qui peuvent alimenter les bactéries ou les poissons riches en métaux lourds. Certes le biofilm peut utiliser de la graisse, mais en l'absence de graisses dans nos régimes alimentaires, nos hormones en pâtiront et nos articulations pourraient devenir douloureuses. Certes les bactéries peuvent se nourrir de sucre, mais sans glucides, les bonnes bactéries de notre microbiote intestinal n'ont plus de quoi se nourrir, et nos magasins de glycogènes s'épuisent, ce qui signifie que notre corps devra rechercher du carburant ailleurs comme nos muscles. De la même manière, les bactéries pathogènes commenceront à creuser dans notre doublure intestinale pour s'approvisionner en sucre. Certes les poissons peuvent contenir des métaux lourds, mais les répercussions d’un déficit en acides gras essentielles et protéines animales seraient bien plus dangereuses. Bien sûr, il est toujours préférable de privilégier les poissons sauvages situés au début de la chaîne alimentaire (les « petits » poissons). Mais pourquoi se priver des bienfaits d'un saumon sauvage de qualité supérieure? 

 

En réalité, n'importe quelle forme d’extrémisme est mauvais. Une déficience en protéines pourrait ralentir la guérison, accroitre l'infection et causer la perte de muscles. Les régimes hypoglycémique et riches en graisses peuvent causer un retard du vidage gastrique. Une déficience en glucides peut anéantir le système endocrinien et le métabolisme. Les déficiences en graisses vont nous priver du système de transport des vitamines solubles en graisses et des précurseurs du cortisol et des hormones sexuelles. Et vice-versa. Un excès de glucides peut altérer le contrôle glycémique. Un excès de lipides peut augmenter l'inflammation (à travers la production de eicosanoïdes inflammatoires) et devenir un stockage de graisse concentré appelé tissu adipeux (= masse graisseuse). Un excès de protéines peut accroitre les niveaux d’ammoniaque, d’oxacide et de déshydratation. En terme de santé, tout est question d'équilibre: équilibre TH1/TH2, équilibre acido-basique, ratio Oméga 3/ Oméga 6, équilibre entre le système sympathique et parasympathique, urine ni trop claire ni trop foncée, chaleur corporelle modérée, juste équilibre entre bonnes bactéries (85%) et bactéries pathogènes (15%), entre repos et activité physique.

 

Une chose est sûre : en cas de syndrome infectieux multi-systémiques, il faut impérativement bannir les aliments raffinés et modifiés chimiquement. Préférer la qualité à la restriction, la vraie nourriture aux aliments industriels. Pour le reste, il s'agira d'adapter en fonction de chacun en faisant du profilage nutritionnel, et c'est là que l'intervention d'un thérapeute spécialisé devient judicieuse.

 

LES SPECIFICITES A CONSIDERER

 

Le régime alimentaire doit toujours être adapté aux spécificités de chacun : patrimoine génétique, morpho-typologie, lieu de vie (zone froide, tempérée, chaude) etc. Certaines ethnies ont par exemple plus d'amylase pour décomposer les glucides, ce qui rend les féculents plus faciles à digérer, tandis que d'autres présentent des mutations du gène HLA DQ, indicatif d'intolérance au gluten et de Hashimoto. Certaines personnes ont du mal à métaboliser le fructose, tandis que d'autres ont des difficultés à métaboliser les protéines. La plupart des malades de Lyme ont des gènes homozygotes ou hétérozygotes MTHFR, ce qui signifie que la prise de vitamines B synthétiques inactivées est déconseillée et que les niveaux d'homocystéine devraient toujours être surveillées. 

 

Je ne peux recommander le foie de veau à tout le monde car certaines mutations génétiques rendent le métabolisme des abats très difficile. Je ne peux pas non plus suggérer que nous mangions tous des régimes à faible teneur en glucides car cela pourrait nuire à certaines personnes, notamment celles pratiquant une activité physique régulière, tandis qu'un tel régime pourrait convenir aux plus sédentaires. Il m'est impossible de suggérer que nous mangions tous de la viande car si les plus fragiles et pâles ont tendance à en bénéficier, d'autres se sentent bien mieux avec un régime végétarien. Il convient enfin d'étudier la qualité énergétique de la plante ou de l'aliment (chaud ou froid, cru ou cuit, humide ou sec ?) pour l'adapter au terrain de chacun, d'allier correctement les aliments entre eux afin d'éviter les mélanges fâcheux, et d'opérer une transition alimentaire progressive et encadrée.

 

 

L'ensemble des informations, opinions, suggestions et conseils diffusés sur le site https://www.adam-nour.com ne constituent en aucun cas un diagnostic, un traitement médical ou une incitation à quitter la médecine conventionnelle. Il ne s’agit que d’un partage d’informations et de conseils en hygiène naturelle puisés dans la littérature historique et traditionnelle de la phytologie et de la naturopathie, et destinées uniquement à communiquer et s’informer sur le mieux-être.

https://www.adam-nour.com s'interdit formellement d’entrer dans une relation de thérapie vis-à-vis des lecteurs.

Les informations issues du présent article ne constituent pas non plus une recommandation personnelle en naturopathie. Chaque remède en phytologie a plusieurs espèces et propriétés, des formes d'usage distinctes, des dosages à calculer et des contrindications à respecter. Chaque conseil devrait être ajusté au cas par cas par un professionnel qui prend en compte le terrain, l’âge, la morphologie, les sensibilités propres, et le traitement médicamenteux du consultant. Toute mise en application des informations citées dans ce cet article ne devra être faite qu’à la discrétion du lecteur et à ses propres risques.  

En utilisant ce site, vous reconnaissez avoir pris connaissance de l’avis de désengagement de responsabilité et vous consentez à ses modalités. Si vous n’y consentez pas, vous n’êtes pas autorisé à utiliser ce site.

Les images utilisées dans l’article sont de libres de droits. Si par erreur, l'une d'entre elles ne respecte pas les droits d'auteurs, je vous invite à me contacter directement par email afin que je puisse faire le nécessaire.

Les droits de propriété intellectuelle de cet article appartiennent à son auteur. La reproduction de cet article est totalement interdite sans la permission écrite de son propriétaire. 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

#1 

I'm a paragraph. Click here to add your own text and edit me.

 

#2

I'm a paragraph. Click here to add your own text and edit me.

 

#3

I'm a paragraph. Click here to add your own text and edit me.

SOPHIE'S
COOKING TIPS