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LES INHIBITEURS DE LA PEPSINE DANS LE REFLUX LARYNGO-PHARYNGÉ : FUTUR TRAITEMENT MIRACLE ?

  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

Pendant longtemps, le traitement du reflux laryngo-pharyngé (RLP) s'est résumé à une idée : diminuer l'acidité gastrique à l'aide d'inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), d'anti-H2 ou de mesures alcalinisantes.


Le problème est qu'une grande partie des RLP sont peu acides, voire totalement non acides. C'est notamment pour cette raison que les IPP soulagent imparfaitement de nombreux patients : ils réduisent l'acidité, mais n'empêchent pas les autres composants du reflux de continuer à léser les tissus.



Pourquoi cibler la pepsine plutôt que l'acide ?


La recherche s'intéresse aujourd'hui de plus en plus à la pepsine, une enzyme digestive produite dans l'estomac.


Si elle est indispensable à la digestion, elle devient problématique lorsqu'elle remonte jusqu'au larynx ou au pharynx. Contrairement à une idée longtemps répandue, la pepsine ne disparaît pas lorsque l'acidité diminue. Elle peut rester stable jusqu'à un pH d'environ 8, conserver une activité enzymatique jusqu'à un pH proche de 6,5 et même être internalisée par les cellules (endocytose), où elle continue à provoquer une inflammation locale.


Cela explique qu'un patient traité efficacement par IPP puisse continuer à souffrir de raclements de gorge, de toux chronique, de globus ou d'enrouement : ce n'est plus seulement l'acide qui entretient les lésions, mais aussi la pepsine.


Les antiprotéases du VIH : la piste la plus prometteuse


Les recherches menées par la Dre Nikki Johnston ont mis en évidence un fait intéressant : plusieurs médicaments utilisés contre le VIH, notamment l'amprénavir, le fosamprénavir, le ritonavir, le saquinavir et le darunavir, sont capables de se fixer directement sur la pepsine et d'en inhiber l'activité.


Chez la souris, le fosamprénavir, administré par voie orale ou en aérosol, a permis de prévenir les lésions laryngées provoquées par la pepsine, avec une diminution de l'inflammation, de l'apoptose cellulaire et des altérations de la muqueuse.


Une autre étude a également montré que l'amprénavir protège la barrière épithéliale de l'œsophage contre certaines altérations moléculaires associées au reflux chronique et à l'œsophage de Barrett.


Où en est la recherche ?


Ces résultats encourageants ont conduit à la création de la société N-Zyme Biomedical, qui développe le premier traitement spécifiquement destiné à inhiber la pepsine dans le reflux.


Plutôt que de créer une nouvelle molécule, les chercheurs ont choisi de repositionner le fosamprénavir, un médicament dont le profil de sécurité est déjà bien connu. Une nouvelle formulation associée à de l'alginate a été développée afin de prolonger son contact avec la muqueuse œsophagienne, tandis qu'une forme inhalée est également en cours de développement pour cibler directement le larynx.


En juin 2026, un essai clinique de phase II a officiellement débuté chez des patients atteints de RLP afin d'évaluer l'efficacité et la sécurité de cette approche. Si les résultats sont positifs, il pourrait s'agir du premier traitement ciblant directement la pepsine, et non uniquement l'acidité gastrique.


À ce jour, le fosamprénavir n'est pas disponible en pratique clinique pour traiter le RLP. Son utilisation reste limitée à la recherche.



En résumé


Les inhibiteurs de la pepsine représentent probablement l'une des avancées les plus prometteuses dans le traitement du reflux laryngo-pharyngé. En ciblant directement l'enzyme responsable d'une grande partie des lésions, ils pourraient offrir une solution aux nombreux patients qui restent symptomatiques malgré les traitements classiques par IPP, en particulier dans les formes peu acides ou non acides.


Les résultats des essais cliniques actuellement en cours seront déterminants pour savoir si cette nouvelle approche deviendra, dans les prochaines années, un nouveau standard de prise en charge du RLP.



Sources



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