LA NEUROPLASTICITÉ : VOTRE CERVEAU PEUT SE REPROGRAMMER ET (RE)DEVENIR VOTRE MEILLEUR ALLIÉ
- il y a 1 jour
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Pendant longtemps, on a cru que le cerveau adulte était relativement figé. Une fois son développement terminé, ses capacités de réorganisation étaient considérées comme limitées. Les neurosciences ont depuis profondément changé cette vision.
Notre cerveau possède une capacité extraordinaire appelée neuroplasticité. En permanence, il crée, renforce, affaiblit ou réorganise les connexions entre ses neurones. Chaque pensée répétée, chaque émotion, chaque apprentissage, chaque expérience et chaque comportement modifient progressivement son fonctionnement.
Autrement dit, notre cerveau n'est pas figé. Il apprend, il s'adapte et il se transforme tout au long de notre vie.
Cette découverte bouleverse profondément notre compréhension des maladies chroniques… mais aussi notre capacité à retrouver progressivement un meilleur équilibre.
La maladie chronique modifie aussi le cerveau

Lorsqu'une personne souffre pendant des mois ou des années, son cerveau ne reste pas simple spectateur. Il apprend lui aussi. Il apprend à détecter le moindre signal inhabituel, à anticiper le danger et à rester constamment en état d'alerte. Progressivement, cette hypervigilance devient automatique, la peur s'installe et le système nerveux autonome finit par fonctionner en permanence comme si une menace était toujours présente.
Il est essentiel de préciser une chose : cela ne signifie absolument pas que « tout est dans la tête ». Les symptômes sont réels. Les infections, les déséquilibres immunitaires, digestifs, hormonaux ou inflammatoires existent bel et bien. En revanche, avec le temps, le cerveau peut participer lui aussi au maintien de cette souffrance en entretenant des circuits de stress et d'alerte constamment activés.
Nos pensées deviennent des autoroutes neuronales
Le cerveau adore économiser son énergie. Pour cela, il automatise ce qu'il répète le plus souvent. Chaque fois que vous entretenez une même pensée, vous renforcez progressivement le réseau neuronal qui lui est associé.
Des phrases comme « Je ne guérirai jamais », « Mon corps est cassé », « Rien ne fonctionne sur moi » ou « Le moindre symptôme signifie que tout recommence » peuvent, à force d'être répétées, devenir de véritables réflexes mentaux.
Au départ, il ne s'agit que de réactions normales face à la maladie. Mais avec le temps, ces réactions deviennent des habitudes, puis des automatismes qui influencent notre manière de percevoir notre corps, notre avenir et parfois même les sensations que nous ressentons.
La bonne nouvelle, c'est que ce mécanisme fonctionne aussi dans l'autre sens.
Ce que j'observe depuis près de dix ans d'accompagnement
Depuis bientôt dix ans, j'accompagne des personnes souffrant de maladies chroniques très diverses. Certaines progressent régulièrement. D'autres restent bloquées malgré des protocoles parfois extrêmement complets.
Bien entendu, chaque situation est unique et de nombreux facteurs biologiques peuvent expliquer ces différences d'évolution. Mais j'observe également un autre phénomène.
Beaucoup de personnes consacrent une énergie immense à rechercher une nouvelle bactérie, un nouveau virus, une nouvelle co-infection, un nouveau test, un nouvel complément alimentaire, une nouvelle réponse ou un nouveau traitement. En revanche, elles consacrent souvent très peu de temps à explorer leurs schémas émotionnels, leurs croyances, leur rapport au stress ou le fonctionnement de leur système nerveux.
Pourtant, ces dimensions peuvent elles aussi contribuer au maintien de nombreux symptômes.
À l'inverse, les personnes qui progressent le plus sont souvent celles qui acceptent progressivement de travailler sur l'ensemble de leur terrain : le biologique, le psychologique, l'émotionnel, le comportemental, le système nerveux… et parfois même leur dimension spirituelle.
Nos croyances influencent notre cerveau
Nos croyances ne modifient pas directement la réalité biologique. En revanche, elles influencent profondément la manière dont notre cerveau interprète cette réalité.
Si votre cerveau est convaincu que tout est dangereux, il restera constamment en état de vigilance. Chaque sensation sera interprétée comme une menace potentielle et votre système nerveux risque de rester activé en permanence.
À l'inverse, lorsqu'il réapprend progressivement la sécurité, il peut commencer à diminuer cette hypervigilance. Ce processus demande du temps, de la répétition et de la patience, mais il est bien réel.
Le cerveau peut créer de nouveaux circuits

C'est précisément là que la neuroplasticité devient fascinante.
Le cerveau est capable de créer de nouveaux réseaux neuronaux, d'apprendre de nouvelles réponses et de remplacer progressivement certains automatismes par d'autres, plus adaptés.
Ce changement ne repose pas sur la simple pensée positive ou sur la volonté seule. Il repose avant tout sur la répétition.
Comme un musicien qui répète son instrument ou un sportif qui entraîne ses muscles, le cerveau se transforme grâce à ce que nous répétons quotidiennement.
Comment favoriser cette reprogrammation ?
De nombreuses approches favorisent la neuroplasticité et contribuer à une meilleure régulation du système nerveux, chacune en agissant par un mécanisme différent.
Certaines ciblent directement les circuits d'hypervigilance du cerveau, comme les protocoles de rééducation limbique (DNRS, Gupta Program ou Pain Reprocessing Therapy - PRT), dont l'objectif est d'aider le cerveau à ne plus interpréter en permanence les sensations corporelles comme des signaux de danger.
D'autres agissent davantage sur nos pensées et nos croyances, comme les thérapies cognitives et comportementales (TCC), l'ACT, la méthode du Dr Jeffrey Schwartz, la thérapie narrative ou encore la Compassion Focused Therapy, qui cherchent à modifier progressivement certains schémas mentaux et réactions automatiques.
D'autres encore passent davantage par le corps afin d'envoyer au cerveau des signaux de sécurité : c'est notamment le cas de la méditation de pleine conscience, du Somatic Experiencing, de la cohérence cardiaque, de la stimulation du nerf vague ou du Yoga Nidra.
Enfin, certaines approches utilisent des outils psychothérapeutiques ou technologiques, comme l'EMDR, le neurofeedback, l'hypnose, la visualisation, le journaling ou encore certaines techniques de stimulation cérébraleemployées dans un cadre médical.
Toutes ces approches n'agissent pas exactement de la même manière, mais elles poursuivent un objectif commun : aider progressivement le cerveau et le système nerveux à sortir de leurs automatismes de protection afin de retrouver davantage de flexibilité, de sécurité et d'adaptation.
Comprendre la neuroplasticité ne signifie pas nier la biologie
Je tiens à être très clair sur ce point.
Comprendre la neuroplasticité ne signifie absolument pas que toutes les maladies seraient psychologiques.
Dans mon accompagnement, je continue chaque jour à rechercher et couvrir avec mes consultants les causes biologiques susceptibles d'entretenir leurs symptômes : infections persistantes, troubles digestifs, carences nutritionnelles, inflammation chronique, déséquilibres hormonaux, dysfonctionnements immunitaires ou encore expositions environnementales.
Ces causes existent. Elles doivent être recherchées et traitées.
En revanche, réduire une maladie chronique à sa seule dimension biologique me paraît aujourd'hui incomplet.
Notre organisme fonctionne comme un tout. Le cerveau, le système nerveux, le système immunitaire, les hormones, le microbiote, les émotions et nos comportements interagissent en permanence. Agir sur un seul levier tout en négligeant les autres revient souvent à avancer avec un frein à main encore serré.

Vous n'êtes pas condamné à rester la même personne
C'est sans doute le message le plus extraordinaire de la neuroplasticité.
Vous n'êtes pas obligé de conserver toute votre vie les mêmes réactions, les mêmes peurs, les mêmes automatismes ou les mêmes croyances.
Le cerveau qui a appris l'insécurité peut progressivement apprendre la sécurité. Celui qui a appris l'hypervigilance peut retrouver davantage d'apaisement. Celui qui a appris la peur peut progressivement retrouver la confiance.
Ce changement ne se produit pas du jour au lendemain. Il demande du temps, de la patience, de la régularité et, bien souvent, un accompagnement adapté.
Mais il est possible.
Et c'est précisément ce qui rend la neuroplasticité si porteuse d'espoir.
En conclusion
Pendant longtemps, la médecine s'est principalement intéressée aux organes. Aujourd'hui, nous comprenons de mieux en mieux que le cerveau et le système nerveux occupent une place centrale dans notre manière de vivre la maladie, le stress, la douleur… mais aussi la guérison.
Vous n'êtes peut-être pas responsable de ce qui vous est arrivé.
En revanche, vous pouvez progressivement devenir acteur de ce que votre cerveau apprendra à partir d'aujourd'hui.
Chaque pensée répétée, chaque émotion accueillie, chaque comportement nouveau et chaque expérience de sécurité participent, peu à peu, à remodeler votre cerveau.
La neuroplasticité nous rappelle une chose essentielle : nous ne sommes pas figés. Nous sommes des êtres capables d'évoluer tout au long de notre vie.
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